Fondation du château de Hattonchâtel :

 

La cité et le château de Hattonchâtel (Hatonis Castrum) ont été fondés entre 855 et 870 par Hatton sur un éperon dominant la plaine de la Woëvre. Hatton fut le vingt-neuvième évêque du diocèse de Verdun de 847 à 870. Issu d'une famille modeste, il est né sous le règne de Charlemagne [1]. Avant de devenir évêque de Verdun, il était moine oblat (ce qui signifie qu'il a été offert par ses parents) à l'abbaye de Saint Germain d'Auxerre. N'étant pas originaire de cette région, l'évêque Hatton a certainement reçu cette châtellenie comme récompense personnelle [1].

C'est ainsi que Hattonchâtel devint pendant tout le Moyen Age la seule forteresse de l'évêché de Verdun.

 

Pourquoi la construction d'une forteresse à Hattonchâtel ?

D'une part, après le Traité de Verdun (843) qui concrétisa le partage de l'empire de Charlemagne entre ses trois petits fils (Charles le Chauve, Lothaire I et Louis le Germanique), les guerres fratricides recommencent et il faut se protèger.

D'autre part, les Normands (des pirates scandinaves) entreprennent de nombreuses incursions dans l'empire carolingien. Entre 845 et 855, ils débarquent à sept reprises en Frise, puis ils redescendent les fleuves. La ville de Paris est assiégée en 856, en 861 et en 885. En ce qui nous concerne, la ville de Verdun est attaquée en 889.

 

Le bras reliquaire de Saint Maur

L'évêque Hatton transporta dans l'église d'Hattonchâtel un os du bras de Saint Maur, deuxième évêque de Verdun (IV° siècle), dont le corps avait été retrouvé au VI°siècle par Saint Airy dans la chapelle Saint Jean Bapstiste construite au bord de la Scance à Verdun [1,2]. La sainte relique fut conservée sous l'autel de l'église de Hattonchâtel pendant plusieurs centaines d'années.


Ce n'est que vers la fin du XV° siècle que le bras reliquaire fut réalisé à la suite d'un don réalisé par Guillaume de Haraucourt (évêque de Verdun de 1456 à 1500). Le bras reliquaire est constitué d'une âme en bois recouverte d'une feuille d'argent travaillée et ciselée représentant un bras dans une manche. Une petite ouverture permet de voir l'os du Saint placé dans un tissu de soie rouge. Le bras reliquaire contient également un parchemin, une relique de Sainte Victoire et trois petites monnaies de cuivre [11]. Sur la base du bras reliquaire on peut lire l'inscription suivante : REVEREDVS. IN XPO. PR. DNS. GVILLELMVS. DE. HARAGVRIA. DEDIT. HVIC. ECCLE. ANNO. DNI. MILLI. 1464, ce qui signifie : Le Révérend Père en Dieu Seigneur Guillaume de Haraucourt donna [ce reliquaire] à cette église l'an du Seigneur 1464.

Pendant la révolution française, alors que les objets de culte étaient rassemblés à Saint-Mihiel pour être fondus, de fervents catholiques subtilisèrent la relique dans la nuit du 1er au 2 décembre 1793 puis la cachèrent dans un caveau du cimetière en attendant des jours plus calmes [2].

Actuellement, le bras de Saint Maur est déposé au musée départemental d'art sacré installé dans une aile de l'ancienne abbaye Saint Michel de la ville de Saint-Mihiel.


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